A propos de la narration courte:
Le Monde des Contes ou des Nouvelles
Diomenia Carvajal
Bonjour! Je devais vous faire partager mon admiration pour l’un des grands poètes actuels, habitant Paris, donc juste à côté, vous pourriez même l’inviter boire une tasse de thé! Les chiliens adorent le thé, mais je ne sais pas si celui-ci fait partie de cette dernière catégorie, je ne le connais pas assez.
En attendant que je reçoive l’un de ses derniers recueils de poèmes, je vais vous parler de la «dernière folie en écriture, qui touche les latinos», moi, par exemple! Non pas en poésie, mais en prose.
Cette dernière folie se nomme «cuentos » (qui veut dire «contes »; mais ce n’est pas une nouveauté me direz vous. Non, certes ce n’est pas une nouveauté. La seule différence réside dans leur longueur et leur «largeur». Longueur = nombre de lignes ou de pages : largeur = contenu (selon «ma définitio »). Car un «cuento » très bien connu par les français sous le nom de «nouvell », ne date pas d’hier. Maupassant en était un spécialiste, Kafka un génie, Edgar Allan Poe, un malicieux «petit lutin» qui jouait à se faire peur. Rien à voir avec les épais romans aux contenus sociaux, amoureux, ou d’autres du XIXè siècle! Même s’ils en sont devenus des classiques, ces classiques qui font fuir les écoliers et manquer l’interro en attrapant une subite «gastro» (c’est très à la mode en ce moment) Non, une nouvelle bien écrite est un régal lorsqu’on la découvre. Voilà le moyen tout trouvé pour faire reprendre du goût à la lecture à nos chers bambins!
Mais, je reviens à ce que je vous disais.
Il y a une infinité de sites sur Internet, où les jeunes internautes aimant écrire ou lire, tout n’est pas perdu d’avance, ils peuvent le faire! Ou bien ils peuvent s’installer confortablement pour y puiser des émotions; cela nourrit l’intellect de ceux qui aiment les histoires brèves, avec un début, un milieu et une fin. Et croyez-moi, lorsque un cuento (pour moi) ou une nouvelle (pour vous) est réussie, c’est l’exultation!, la gloire! Rien n’est plus beau que ces 20 ou 40 pages (cela dépend du thème choisi par l’auteur), qui vous font voyager, rêver, vous fâcher, détester ou aimer certains personnages.
Il est vrai qu’en Amérique Latine, nos meilleurs conteurs se nomment ou se nommaient: Cortázar, Borges, García Márquez, actuellement nous pourrions ajouter Luis Sepúlveda, qui se dénomme lui-même comme un «raconteur d’histoire », etc.
D’où nous vient ce goût pour les narrations courtes, à nous latinos? De l’oralité encouragée par nos grands parents?, de cette oralité poussée par le croisement des races et les apports conservés, tout au fond de la mémoire, de nos frères, de nos parents, de nos familles indiennes, ou venues des tréfonds de l’Europe y ajouter leurs fées, leurs mythes celtiques ou autres?
Il est vrai, qu’il y a de quoi raconter, inventer, affabuler, jusqu’à nous convaincre mutuellement que l’Histoire du monde, ancien et nouveau, n’est qu’un grand roman écrit par les uns, ou des petites nouvelles écrites par les autres. Ajoutons à cela, l’apport des cosmogonies indiennes et le tour est joué!
Actuellement c’est la saison des Prix ou des Concours de nouvelles, tant en Espagne qu’en Amérique Latine.
Il y a les Concours de nouvelles de moins de 20 pages avec un maximum de 340 à 500 mots, ou bien d’un max. de 20 pages ou de 340 lignes.
Il y a ceux que nous appelons les «micro-contes» ou les «micro-narrations», sans limite quant au nombre de pages. Cela va de la simple demi page à deux lignes au minimum:
Micro-conte:
«L’homme invisible»
«Cet homme-là était invisible, mais personne ne s’en aperçut». Gabriel Jiménez Emán
(C’est un vrai gag!)
Mais il ne s’agit pas seulement de trouver les mots qui font rire, ou la façon de les dire (comme dans le cas présent), il s’agit surtout d’essayer de faire une narration qui petit à petit, nous fasse pénétrer dans un monde, magique ou pas, avec un développement et une chute qui marquerait une fin non pressentie par le lecteur, mais qui a réussie, malgré tout à l’ intéresser au point de lui couper le souffle lorsque l’on marquerait le mot FIN. Et croyez-moi, c’est le plus difficile de tout. Je dis bien, le plus difficile, c’est: marquer le mot FIN. Alors, nous ne serions plus dans le monde des «cuentos» mais dans celui des romans.
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© Diomenia Carvajal
LA CASA DE ASTERIÓN
ISSN: 0124 - 9282
Revista Trimestral de Estudios Literarios
Volumen V – Número 20
Enero-Febrero-Marzo de 2005
DEPARTAMENTO DE IDIOMAS
FACULTAD DE CIENCIAS HUMANAS - FACULTAD DE EDUCACIÓN
UNIVERSIDAD DEL ATLÁNTICO
Barranquilla - Colombia
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