Autobiographie du néant
Patricio Armando Sánchez
El autor nació en Chile, en 1959.
Enseignant d'espagnol à Montpellier, France.
Sans nom. Survivant dans le mutisme de l’œil. Brisé
par la stridence de la vie, je suis debout, comme un peuplier
austral.
Pour l’instant, je me dresse contre les falaises du néant.
Evoluant comme une pierre sans patrie. Maudit.
Enveloppé d’insultes et prêt à pardonner le bruit
de la pluie tombant sur l’eau.
La terre tremble sous mes pieds d’argile.
Je bouge mes bras.
Je respire.
Il est temps de construire des ponts, des sentiers, des passages.
Tu es nulle part.
Nous devons reconstruire ces murs.
Le brouillard, comme une vague obscure nous emporte.
Aucun mot.
Aucun visage pour annoncer le jour.
Et ta colère féroce sous une comète de jade.
Rues absentes.
Odeur de poêle qui suinte dans ta mémoire d’enfant.
Les arbres sont brisés dans une forêt innommable.
Tu chantes donc, le rien.
Le squelette de la feuille.
Le silence.
Les maisons sont vides comme un gant endormi.
Il faut admettre que la vie n’est pas partout souveraine.
Bâtir un mur en papier comme on construit une maison.
Seule la parole est importante.
Seul le geste est nécessaire.
La paupière ouverte.
La main tendue.
L’espoir.
La joie est un dilemme lorsque nous découvrons le jour.
Le criminel s’en va.
Son ombre passe, ancrée en nous, amoindrie, inaccessible.
Sur les ruines du néant, l’herbe pousse.
Et se faufile à travers nos yeux,
l’ombre.
C’est la fin.
Egorgés, les hommes meurent encore.
La ville disparaît.
Nous devrons nous souvenir.
Je reviens vers toi, à travers cette déchirure sans fin.
Ton visage sourit lorsque je touche ces cendres.
Dans la plaie de ta voix disparaît l’orage.
Sur ces murs fissurés nous bâtirons une ville.
(inédit)
Poème lu à Colombières S/Orb, le 29 mai 2004. Hommage à Pablo Neruda.
Poèmes écrits dans un café
Avril 1991, France
Exil
au milieu de la nuit
il y a l’exil
au milieu de la nuit
il y a une porte
-la lumière du jour-
et tes paupières
de sable
Ode
tout revient dans l’oubli
du temps qui recommence
soit la vie
soit la mort
paupière tournoyante
Mon pays
mon pays
soleil vert
visage
sans
visage
l’éternité pénètre le ventre de la nuit
Mouvement
comme un arbre du jour je vois ta bouche ronde
dans un train plein de ciel et silence je vois
la fumée des wagons
qui partent vers l’orage
dans un char de brouillard
le monde tourne en rond
est-ce que l’homme doit changer
ses ongles passagers
lorsque l’ours prend le fruit
qui annonce le printemps?
je t’offre mes bras
couverts par le sable
et la lumière du jour
t’offre le silence
Le poète
quand le ciel prend la fuite
je te donne mon chapeau
soleil vert
du printemps
je t’apporte l’espoir
Partir
sur la neige le ciel réveille les orages
maintes fois je souris
des hommes voudront me voir
la beauté c’est le jour
aurores et lendemains
lorsqu’un chien me supplante
je dis qu’il faut partir
Montpellier, trois minutes d’arrêt, Montpellier, 1996.
(Portland, décembre 1995 - Montpellier, mai 1996).
15
Nous avons vu des cimetières
en flammes.
Un pays effacé de la carte
du ciel.
16
Entends-tu partir les trains
du brouillard?
Ce silence de marbre que le fer
nous arrache.
Entends-tu le vol de la chouette
sur les branches?
Ce départ éternel de l'aube chaque
nuit.
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© Patricio Armando Sánchez
LA CASA DE ASTERIÓN
ISSN: 0124 - 9282
Revista Trimestral de Estudios Literarios
Volumen VI – Número 21
Abril-Mayo-Junio 2005
SUPLEMENTO LITERARIO CARIBANÍA
ISSN: 0124 - 9290
DEPARTAMENTO DE IDIOMAS
FACULTAD DE CIENCIAS HUMANAS - FACULTAD DE EDUCACIÓN
UNIVERSIDAD DEL ATLÁNTICO
Barranquilla - Colombia
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