Voyage à travers les cendres
(Viajar de la ceniza)

André Cruchaga
andrecruchaga@artepoetica.net
Poeta salvadoreño

Del libro Viajar de la ceniza, publicamos una primera parte compuesta por doce poemas, en español (original) y versión en francés.
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©   André Cruchaga (Poemas)
© María Eugenia Caseiro (Prólogo)
© Julie Couvrette (Traducción del prólogo)
© Valérie St-Germain  (Traducción de los poemas)
© Daniela Trottier (Supervisión de la traducción)
© Eduardo Ábrego Portillo (Fotografía)

LA CASA DE ASTERIÓN
ISSN:  0124 - 9282

Revista Trimestral de Estudios Literarios
Volumen IX – Número 36
Enero-Febrero-Marzo de 2009

SUPLEMENTO LITERARIO CARIBANÍA
ISSN: 0124 - 9290
Poesía

PROGRAMA DE HUMANIDADES Y LENGUA CASTELLANA
FACULTAD DE CIENCIAS HUMANAS - FACULTAD DE EDUCACIÓN
UNIVERSIDAD DEL ATLÁNTICO
Barranquilla - Colombia

El URL de este documento es:
http://casadeasterion.homestead.com/v9n36cendres.html
           André Cruchaga, poeta salvadoreño,
         en fotografía de Eduardo Ábrego Portillo

  Préface

         Texte traduit (français) par Julie Couvrette,
       sous la supervision de Daniela Trottier.

    María Eugenia Caseiro

Tout poème authentique naît de l’émotion,
des sentiments et des valeurs exprimées par le poète au moment de matérialiser
sa vie intérieure, ses joies et ses déchirements sans que cela ne devienne banal.

André Cruchaga

André Cruchaga, véritable orfèvre de la poésie, a effectué un long parcours dans cet art qu’il pratique depuis l’âge de quatorze ans. Au Salvador, son pays d’origine, il a participé à différents concours nationaux et événements littéraires et il a publié plus d’une dizaine de livres. Cruchaga est un poète de l’expérience, il sait observer de l’intérieur, percevoir les effluves, respecter les canons de l’esthétique et même dévoiler l’essence qui gît dans l’inerte ou les choses éteintes. Sa poésie intimiste, à la croisée de tous les chemins, est un discours persuasif duquel émerge toute une gamme d’impressions et de sentiments qui, unis au désarroi et à l’impuissance ressentie face aux oiseaux qui paillent assoiffés sous la frondaison, nous submergent dans une mer de poésie à la recherche des traces laissées par sa propre voix. Une voix éloquente qui, dans la mémoire, essaie de scruter au-delà de la compréhension pour se fondre dans toutes les perspectives, telle une main qui s’ouvre, palpe la texture de la conscience et porte tout le poids de l’incertitude pour la transformer en rêveries dans une avalanche d’images et de poésie rhétorique.

Sa voix approche des confins de l'horizon
Et possède la géométrie circulaire du miroir;
La tendresse en elle a pris nom et prénom,
Le temps lui a donné les leçons du sommeil
Et la rumeur diaphane de sa vocation maternelle.
Tout a été lumière; et l'habitat, une parabole.
De l'angoisse elle a su faire un jardin;
De la faim, un voyage de compréhension.
Maintenant, cependant, elle est au seuil
De son ombre :
Elle seule sait, éveillée ou assoupie
De la légèreté céleste des cierges

L’auteur de Viajar de la ceniza commence son ouvrage sur une fine citation de Hugo Lindo. Son œuvre est, selon ses propres mots, un recueil de poèmes élégiaques qui effleure l’hypocondrie de l’être qui vit enchaîné, un voyage au centre de la conscience qui germe dans un processus d’éblouissement (du moi poétique), devant la perception d’une mort sans répit et d’une vie qui ne peut désormais se vivre sans être prisonnier de l’angoisse de son inévitable corollaire. C’est un chemin de croix que traverse, secoué, l’être malmené et mortifié qui parfois se laisse abattre et parfois se débat face à la mort, cette mort qui se matérialise, surtout lorsque qu’il nous parle de sa mère, et qui toujours sera « la rafale, le vent qui bat contre mes tempes » et qui le pousse à s’interroger sans cesse, telles des tenailles spectrales qui enserrent sa gorge.

Qu’en est-il de l'arc-en-ciel ? Et la mémoire, où est-elle ?
L'oubli efface-t-il l'histoire ?

C’est parfois cette mort chaussée de ballerines de soie, semant le mystère à chacun de ses pas, qui l’intimide de sa présence ─ qui se fait pressante ─, et même s’il sait qu’elle s’imposera par son ultime et irrémédiable baiser, il ne peut réprimer la frustration de n’avoir pu la prédire.

C’était la mort qui approchait :
Elle soufflait dans les branches des arbres
Frappait les fenêtres de ses bras noueux
Embrassait la chair de sa terrible froidure

Poète de ressources, Cruchaga sait trouver, malgré l’austérité d’un tel sujet, la fraîcheur des images ; et comme tout bon artisan des mots qui sait manier les éléments lyriques pour en affiner chaque poème, il s’en fait un allié avec l’habileté dont regorgent ses émouvantes réflexions.

Au seuil de la poitrine, le bois libère son chant
Sans s'arrêter, le miroir des oiseaux dans la poitrine

Dans ce voyage à travers les cendres, l’auteur déploie sa peine par le biais de réitérations tout au long du texte, répétitions qui parfois se transforment en douleureuse exhortation créant ainsi des images qui l’obligent à dévoiler – à partir des multiples facettes et miroirs de son âme trouée – non seulement le visage délétère de la mort mais les stries de sa propre pensée. Dans une atmosphère lourde et éprouvante, le sujet lyrique devient voix insistante, éclair sans fin. Rendu à ce stade, le sonnet 6 de Hernández me revient en tête, sonnet dont la fin résume bien les tourments qui affleurent dans ce travail d’André Cruchaga : « Combien d’efforts pour finalement mourir ! ». Il existe peut-être un autre dénominateur commun entre ces extraits de Viajar de la ceniza et cet « éclair », et c’est le goût de l’auteur pour un langage épuré qui serait exempt de figures lexicales trop abondantes. Mais mon intention n’est pas ici de m’aventurer sur le terrain des comparaisons mais plutôt d’éclairer le puits de mes propres divagations en amorçant une brève analyse du travail poétique de Cruchaga à travers ses élégies qui m’ont rappelé les déchirements de la poésie de Hernández.

L’homme qui vogue à travers le temps, attaché à ce temps, et qui traverse les divergences qui donnent naissance à l’indéfectible et au quotidien, sait que son destin ne peut être que la non existence et que son œuvre est issue d’un fruit qui ne pourra subsister sous sa forme particulière…

Toute une vie tendue vers ce limon ultime
Tout ce feu pour cette âpre veille
Où, finalement, tu changes d’expression

...et  que sa pensée lumineuse s’achèvera dans l’anonymat total.

Demain je serai lampe sous terre

Ce vers tiré du poème « Lamentations de ma mère », qui pourrait être la colonne vertébrale de tout le recueil et où le poète reprend habilement la voix de sa mère (devenue mémoire) afin d’exprimer sa propre frustration face à la mort (je me rappelle ici Calderón et les admirables monologues de Segismundo), ce poème est le onzième dans l’ordre chronologique que l’auteur a voulu donner au recueil mais il aurait aussi bien pu être placé au début de l’œuvre. Un autre exemple tiré du même texte :

Incertain est l'amour sous l’intempérie
C'est la nuit ou bien le jour qui se gonfle de mirages
La vue du parc me garde de sourire

Et c’est avec ces mots que s’achève la voix de sa mère, qui se trouve à être sa propre conscience :

Si la désolation est un carquois de flèches
Cette mort est plus atroce que toute autre torture

Cependant, malgré le fait que l’inconscience soit l’ennemi le plus craint, la transposer dans la voix de la mère décédée n’arrive pas à mettre fin à l’espérance, sans doute à cause de l’ignorance de ce que nous réserve l’avenir, en particulier face à la mort. Dans cette urgence d’une trêve, alors qu’il retrouve l’espoir, le poète sonde sa douleur et la nuance en recourant à des codes et des mécanismes qui la révèlent avec sa lyrique proverbiale.

Au bout du compte, nous ne sommes maîtres de rien.
Inutiles sont désormais les fenêtres et les mains :

De la vie à la mort il n’y a qu’un pas :
Une jouissance subtile garnie de saisons
Exister et oublier ce que l’on a vécu

Cruchaga s’éloigne sans arrêt du coutumier et des choses simples pour prêter une oreille attentive à l’intuition et ainsi articuler le poème avec clarté, sacrifiant l’autel à ses stratégies sémantiques variées.

Elle ne dort jamais ailleurs que dans l'enceinte humaine
Ce qui est sa vie elle l'irradie dans la nuit :
Elle impose son règne dans la lune des os

L’intuition jaillit de chacune de ses métaphores, semble se permuter et aller au delà de la sérénité, sans ruptures, pour trouver l’ellipse et la dévoiler.

Maison seule déjà. Ombre laconique
Sans habitant, mis à part le silence

Ce pouvoir de reconnaître le caractère sacré de l’écriture l’aiguillonne dans les moments où sa pensée semble tomber dans le plus profond des abîmes, là où peut s’éteindre la voix et où s’observe l’épuisement de toute cette agitation intérieure, jusqu’à baisser la garde et perdre la partie. Mais le poète ne doute pas, connaisseur de chaque fracture, et donc habile et conscient ; il saisit l’espoir à pleines mains face à l’évocation d’une heureuse continuité.

Le sujet lyrique élève sa voix, malgré la mort. Sinon quel but aurait une poésie comme la sienne, qui pose un aussi lourd dilemme ? S’il n’existe aucune autre alternative que celle de rester là pendant que la vie passe et que la raison nous abandonne, que tout est vain même si nous luttons, alors pourquoi insister sur le caractère cyclique de la vie ? Les vers qui suivent nous ramènent avec une grande subtilité au symbolisme du renouvellement.

Une partie de toi demeure dans les poutres de cette maison
                   Gravée dans le linteau
Ta voix fuse dans la mémoire, malgré que tu sois morte
Tu laisses ici ton âme qui nous regarde
Comme la clef intime de la conscience
Tes adieux ont la douceur de l'attente

André Cruchaga tend un pont sur lequel il y avait une barrière et, dans cette strophe, il semble vivre avec l’idée du retour, ce qui lui permet de ne pas sombrer totalement dans le désespoir…

Dans ce monde où les bras caressent
La pierre osbcure de la mort

Aujourd'hui tu es là toute entière, frondaison d’étreintes
Et de caresses!

En conclusion, l’enracinement et l’attachement dominent le cœur tendre de l’homme avec toutes ses assises, et la voix du poète triomphe, laissant entendre de nouveaux arpèges d’où surgit le sauvetage miraculeux de la foi, l’image qui se soustrait à la désertion et qui replonge ses racines dans un épitaphe dans lequel la mère, malgré son départ, demeure l’axe autour duquel tourne le monde.

Ma mère regarde depuis là-haut
L’émancipation du calendrier

***

Viajar de la ceniza d’André Cruchaga est un travail digne de considération lors d’une lecture réfléchie. Ses poèmes sont des poèmes nés de l’expérience, surgis d’une douleur intime, comme l’exprima l’auteur lui-même en les remettant entre mes mains.

J’ai pu apprécié sa valeur littéraire autant qu’humaine, et j’ai voulu rendre justice à sa confiance et sa grande authenticité de poète, d’homme sensible et lumineux, en lui rendant à travers ces lignes issues de l’admiration causée par la lecture de ses strophes, une petite partie de l’émotion et du sentiment qui imprègnent toute son œuvre.

Miami, le 7 mai 2006.

Prólogo

María Eugenia Caseiro

Todo poema auténtico, nace de la emoción, del sentimiento,
de los valores sustentados por el poeta en su trance de materializar la vida interior:
los gozos o los desgarramientos, sin que ello, necesariamente linde con lo trivial.
André Cruchaga

André Cruchaga, orfebre de la poesía, posee una extensa trayectoria en este arte que practica desde los catorce años. Ha participado en diferentes certámenes nacionales y eventos literarios en su país natal, El Salvador, y publicado más de una decena de libros. Cruchaga, es poeta de la experiencia, sabe observar desde dentro, percibir emanaciones, respetar los cánones de la estética y encontrar esencia aún en lo mortecino o lo apagado. Su poesía intimista, llena de encrucijadas, es discurso persuasivo en que emergen espontáneamente una gama de impresiones, de sentimientos que unidos  al desasosiego y la impotencia para subvenir a las aves quejumbrosas por la sed bajo las frondas del camino, nos sumergen en un mar de poesía distintiva tras la huella de su propia voz, elocuente voz que sale de la concepción inmediata de la idea, y que en la memoria, intenta escudriñar más allá del entendimiento, hacerse parte de cada perspectiva, mano que se extiende a palpar la textura de la conciencia para acarrear sobre sus espaldas el peso de la incertidumbre y volcarlo en elucubraciones que terminan por desbordarse en cataratas de imágenes y de buena poesía retórica.

Su voz tiene la proximidad del horizonte
Y la geometría circular del espejo;
La ternura se hizo en ella con nombre y apellido,
El tiempo le dio las lecciones del sueño
Y el diáfano rumor de su vocación materna.
Todo fue luz; y el hábitat, una parábola.
De la angustia supo hacer un jardín;
Del hambre, un viaje de entendimiento.
Ahora, sin embargo, está en el umbral
                                     De su propia sombra:
Sólo ella sabe, despierta o dormida
Del leve cielo de los cirios…

Viajar de la ceniza trabajo que certeramente comienza su autor con una cita de Hugo Lindo, es un cuadernillo, como él mismo le ha nombrado, de poemas elegíacos que rayan la hipocondría del ser que vive encadenado, un viaje al interior de la conciencia germinando en un proceso de deslumbramiento de ésta (el yo poético), ante la percepción de una muerte que no da tregua, y una vida en la que ya no puede vivirse sin sentirse aprisionado por la angustia de sus corolarios. Es todo un vía crucis de sacudidas por las que atraviesa el ser golpeado y  zaherido, un abatirse y debatirse en presencia de la muerte, esa muerte materializada, cuando nos habla especialmente de su madre, y que “será siempre, ráfaga del viento en sus sienes” y ha de moverle a plantearse continuas interrogantes que articulen la garra de un espectro sobre su garganta.

¿Qué fue del arco iris? ¿Dónde está la memoria?
¿Acaso el olvido borra la historia?

Es a veces esa muerte, la que camina con zapatillas de seda y ronda el misterio en cada paso, quien le intimida en continuo acercamiento y aún sabiendo que ha de imponerse con el beso eterno que nada ni nadie puede detener, siente incontenible, la frustración de no haber podido predecir.

Era la muerte la que venía;
Soplaba entre la rama de los árboles,
Golpeaba con su nudo las ventanas,
Besaba con su frío la carne.

Poeta de recursos, Cruchaga encuentra la frescura de la imagen a pesar de lo exhausto que puede parecer el tema tratado, y como buen artesano de la palabra que sabe utilizar los elementos líricos y afinarlos en cada transcurso en el poema, hace de éste un aliado con la misma destreza conque repercute el carácter de sus conmovedoras reflexiones.

En la  puerta del pecho, la madera suelta su voz;
Sin detenerse, el espejo de los pájaros…

En este viajar de la ceniza, nuestro autor esgrime sus cuitas empleando una suerte de enumeración casi iterativa a lo largo de los textos, que a veces se convierte en arenga recriminatoria en un continuo germinar de imágenes que le obliga a mostrar, partiendo de tantas miradas como espejos tiene su alma horadada, no tanto lo nefasto de la muerte, sino las estrías de su propio pensamiento, desde una atmósfera fatigosa de sobrellevar, y donde el sujeto lírico es voz insistente o rayo que no cesa, y llegado a este punto me viene a la mente el soneto 6 de Hernández, cuyo verso final resume las desazones de este trabajo de Cruchaga: “¡cuánto penar para morirse uno!” Quizás haya otro denominador común en estos pasajes de Viajar de la ceniza y “aquel rayo”, y es el gusto del autor por el lenguaje depurado sin el abuso de las figuras léxicas, pero esto sería entrar en materia de comparaciones y no ha sido otra mi intención que la de acercar un poco la lámpara sobre el pozo de mis propias elucubraciones al entrar en un pequeño análisis del trabajo poético de Cruchaga en estas elegías que han traído a mi memoria las penas hernandianas.

Entonces, el hombre que fluye en el tiempo, atado a ese tiempo y entre las divergencias que conciben lo indefectible y lo cotidiano, sabe que su destino es ciertamente la inexistencia, que sus trabajos son de un fruto que no ha de prevalecer en lo particular…

Toda la vida fue para este fin de áspero pantano.
Todo el fuego para este desvelo
En que, al fin, mudas de semblante

...y que su luz de pensamiento ha de terminar en la total ignorancia.

Mañana seré lámpara enterrada.

Lo hemos visto en este verso, que podría ser la columna de todo el poemario, y que forma parte del poema Lamentaciones de mi madre, donde hábilmente el poeta pone en boca de esa voz (ya memoria) de su madre, las palabras adecuadas para mostrar su propia frustración ante la muerte (aquí vuelvo a recordar, ahora a Calderón con los admirables monólogos de Segismundo), poema que dado el orden cronométrico que el autor ha querido conferirle al cuadernillo, se encuentra como el número once, pero que bien puede encabezar el trabajo. Aquí otra muestra del mismo texto:

Incierto es el amor en la intemperie.
Es la noche o el día creciendo en espejismos.
La vigilia del azogue  me impide la sonrisa.

Y termina esa voz de su madre, que es su propia consciencia diciendo:

Si la desolación es una aljaba con saetas,
Esta muerte es más atroz que cualquier tortura.

Sin embargo, y a pesar de que la inconsciencia es el enemigo más temido, por ello el colocarla en voz de la madre muerta, la falta de conocimiento del futuro, que hablando de la muerte es todo un hecho, no cuenta con suficiente eficacia para detener la esperada continuidad, y en esa urgencia de sosiego, mientras encuentra la esperanza, el poeta sondea el dolor y lo va sombreando a base de códigos, de mecanismos que lo develan a partir de su lírica proverbial con la que nos arrastra:

Uno se queda siendo dueño de nada.
No sirven las ventanas ni las manos

De la vida a la muerte sólo hay un paso:
Un goce sutil con muchas estaciones,
Un estar y olvidar que se ha vivido

Cruchaga se aleja constantemente de lo habitual y simple para escuchar con el oído pegado la intuición y articular el poema con limpieza, concediendo un sagrario a sus estrategias semánticas que son consecuentes y muy variadas.

Ella jamás duerme fuera del ámbito humano;
Lo que es su vida lo irradia en la noche:
Impone su dominio en la luna de los huesos

Atisba en cada metáfora y parece trasponerse y sobrepasar el sosiego sin interrupciones, encontrar la elipsis y revelarla.

Casa sola ya. Sombra callada;
Sin ningún habitante, salvo el silencio

Esa cognoscencia de lo sagrado de la escritura le anima en los intervalos en que pareciera caer desde las cumbres de sus pensamientos, donde pudo ser muy probable que se apagara la voz y se notase el cansancio de ese aletear en lo mismo, y hasta bajar la guardia y perder la partida, pero se sabe cierto, conocedor de cada torcedura, por ende hábil y consciente, entonces echa garra a la esperanza, a la evocación de un anillo de continuidad.

El sujeto lírico resurge a pesar de la muerte. De lo contrario, ¿qué objeto tendría una poesía como la suya, que se convierte en facultad y planteamiento del dilema?. Si no hay disyuntiva, y solamente un plano en que morar mientras la vida pasa y la razón nos ha de abandonar, si por mucho que luchemos, todo ha de ser en vano, entonces, ¿por qué la insistencia en el concepto cíclico de la vida? Aquí estos versos que nos devuelven, con gran sutileza, a lo simbólico del reemplazo.

Parte de ti se queda en las vigas de esta casa;
                   En la faz del dintel;
Tu voz viva en la memoria, aunque estés muerta.
Aquí dejas tu alma que nos mira
Como la llave íntima de la conciencia.
Tu adiós tiene la dulzura de la espera

André Cruchaga tiende un puente en donde estuvo colocada una barrera, y en estos últimos versos, pareciera vivir en la clave de la idea del retorno, motivo por el cual no se entrega totalmente a la desesperanza….

En este mundo donde los brazos acarician
La piedra oscura de la muerte.

¡Hoy estás toda de nuevo, como un surtidor
                                                     de la caricia!

Finalmente, el arraigo, el apego, imperan en el tierno corazón del hombre con toda su raigambre, y la voz del poeta triunfa, se deja escuchar con nuevos arpegios y ocurre el rescate milagroso de la fe, la imagen que elude la apostasía y se aferra de nuevo la raíz en una suerte de epitafio en donde la madre, a pesar de su partida, sigue siendo ese eje que mueve el mundo.

Mi madre mira desde arriba,
La propia emancipación del calendario.

***

Viajar de la ceniza de André Cruchaga es un trabajo digno de consideración a la hora de una lectura reflexiva. Sus poemas son poemas nacidos de la experiencia, brotados desde el dolor íntimo, como el propio autor expresara al ponerlos en mis manos, y nombrarme la primera depositaria de los mismos.

Innegablemente he disfrutado tanto de su valor literario como humano, y quise corresponder a su confianza y a su gran autenticidad como poeta, hombre sensible y luminoso, devolviendo con estas líneas que ciertamente brotaron de la admiración causada por la lectura de sus versos, una pequeña fracción de la emoción y el sentimiento impregnados a todo lo largo de su obra.

Miami, mayo 7 del 2006.
El mismo rostro

Poèmes traduits (français) par Valérie St-Germain,
sous la supervision de Daniela Trottier.

Era. Será siempre la ráfaga del viento
En mis sienes.
                        En la pared el calendario,
El tragaluz del pasamontañas,
La ventana en las pupilas,
                        La puerta del tiempo horadada.
¿Qué fue del arco iris? ¿Dónde está la memoria?
¿Acaso el olvido borra la historia?
¿Rehace la historia las heridas del alma?
¿Puede el reloj consumir la llama
Y hacer de cada palabra una vasija con ceniza?
¿Puede la corteza del árbol escalar,
Descender   traspasar
La almendra del júbilo o la agonía?
Nada es tan posible cuando el fuego nos quema,
Que es como sentirnos vivos
Y hallar en el lecho, el sueño
Y el estertor entreabierto de la misma imagen.

Era el tiempo en tu mirada primera.
Era el tiempo de la mariposa entre las manos.
Era el tiempo entregando insospechadas lágrimas.
Era eso, nada más. Sueños asidos a la arena
Hilos atados al aire. Sombras alzadas al insomnio.
¿Quién nos mordió la existencia?
¿Quién o qué provocó ese río de sal en la cara
Cuyo rumor enternecido lava las pupilas;
Pero  enmudece as palabras
Y arroba labios, oídos y pecho?
¿Alguien podrá quitar las piedras sobre la aurora?
¿Alguien puede detener la menuda sílaba
                                                                /de lo fugaz,
Y el aroma del beso cuando llueve sobre alelíes?

Era. Hoy me parece un fantasma huidizo
                               Sin preguntas,
Capaz de existir en la lava de la ausencia
Y en la ceniza poderosa del subconsciente.

Era. Y sin embargo es espasmo en la piel…
Barataria, 07 de enero de 2006.

Le même visage 

Il était. Il sera toujours la rafale, le vent
Qui bat contre mes tempes.
Au mur le calendrier,
La lucarne du passe-montagne,
La fenêtre dans les pupilles,

                        La porte du temps trouée.
Qu’en est-il de l'arc-en-ciel ? Et la mémoire, où est-elle ?
L'oubli efface-t-il l'histoire ?
Et l’histoire fait-elle resurgir les blessures de l’âme ?
L’horloge peut-elle consumer la flamme
Et faire de chaque mot une urne de cendres ?
L'écorce de l'arbre peut-elle gravir,
Dévaler, transpercer
La joie ou l'agonie en son noyau?
Ta flamme se ravive alors que le feu t’embrase
Tout est possible lorsqu’on se sent vivre
Et que l’on trouve dans l’alcôve, le sommeil
Et le spasme entrouvert de la même image.

Il était. Le temps dans ton premier regard.
Il était. Le temps du papillon dans la paume de la main.
Il était. Le temps qui perlait des larmes impensables.
C'était cela, sans plus. Des rêves accrochés au sable
Des fils attachés à l'air. Des ombres érigées dans l’insomnie.
Qui nous a mordu l'existence ?
Qui ou quoi a tracé ce ruisseau de sel dans le visage
Dont la tendre rumeur lave les prunelles;
Qui fait taire les mots
Et ravit lèvres, oreilles et poitrine ?
Quelqu'un pourra-t-il enlever les pierres qui pèsent sur l'aurore ?
Quelqu'un peut-il retenir la mince syllabe d’un monde fugace,
Et le parfum du baiser lorsqu’il pleut sur les giroflées ?

Il était. Aujourd'hui il me semble un spectre fuyant
Sans questions,
Capable d'exister dans la lave de l'absence
Et dans la cendre tenace du subconscient.

Il était. Et cependant, il est spasme dans la peau…

Barataria, 07 de enero de 2006.

Poema cero

Y mañana, tal vez, la estancia
Sea pacífica,
Y el prisma de las sombras
Se convierta como el iris
Líquido de las olas.
Sólo mañana, mientras el ojo
Capta lo que se lleva…

Barataria, 05 de febrero de 2006.

Poème zéro

Et demain, peut-être, le séjour
Sera pacifique,
Et le prisme des ombres
Deviendra
Le liquide iridescent des vagues.
Mais demain, seulement demain, lorsque l'œil
Saisira ce qu'il emporte…

Barataria, 05 de febrero de 2006.

“La mayor parte de la muerte siento”(Glosa)

Todo tras sí lo lleva el año breve.
FRANCISCO DE QUEVEDO

La mayor parte de la muerte siento
En mi vida. Muerde el desasosiego.
Hoy empieza a irse la cordura.
Vienen horas de mortajas sucesivas
Socavando el anhelo para hacerse tierra.
Hoy la risa; mañana, la lágrima atroz.
Hoy el alba lozana; mañana, hojarasca la carne
Y el alma, una sombra en el féretro.
Hoy, los sueños todavía; mañana, el traje del gemido
Prolongando la ceniza de la muerte.
Hoy, el llanto viaja resignado sobre la cara;
Silba el látigo de su infortunio.
Hoy sé que siempre resultan  pocos los años;
Y más, el afán de guardar la memoria
En la luz de un retrato…
Ya no hay marcha atrás. El rostro de la vida
Tiene de relámpago y mariposa:
Tiempo y reino de fugaz aroma en la ceniza
Y de implacable sabor a diluvio.
Ah, ni la violencia, madre, acabó con nosotros,
Ni los verdugos socavaron el umbral de la Esperanza,
Ni desfallecimos en medio de la sangre cotidiana;
Y ahora caes, sin más, frente a la eterna espada,
A esa huésped de siempre
Para habitar sin más demora
Ese otro mundo intangible…

Barataria, 12de febrero de 2006.

“Je sens un gran pan de la mort”
(Glose)

Todo tras sí lo lleva el año breve.
FRANCISCO DE QUEVEDO


Je sens un gran pan de la mort
Dans ma vie. L'appréhension déchire.
Aujourd'hui, la raison s’évade.
S’approchent en caravane des heures de linceul
Creusant le profond désir de devenir terre.
Aujourd'hui le rire; demain les larmes amères.
Aujourd'hui l'aube vigoureuse; demain la chair fanée 
Et l'âme, une ombre dans le cercueil.
Aujourd'hui les rêves encore; demain l’habit des sanglots
Prolongeant cendres et mort.
Aujourd'hui, les pleurs errent résignés sur ton visage;
Le fouet de leur infortune siffle sur nos têtes.
Aujourd'hui je sais que les années sont volages,
Et vain est l’effort de retenir la mémoire
Dans la lueur d'un portrait…
Il n'y a plus de retour en arrière. Le visage de la vie
Tient de l'éclair et du papillon :
Un temps et un règne dont le parfum fugace
A le goût implacable du déluge
dans la cendre.
Ah, ni la violence, mère, en a fini de nous,
Ni les bourreaux ont miné le seuil de l'Espérance,
Ni ne défaillons au cœur du sang quotidien;
Et maintenant tu t’écroules, sans plus,
                                                 /devant l'épée éternelle,
Cette hôtesse de toujours
Pour habiter sans retard
Cet autre monde intangible …

Barataria, 12de febrero de 2006.


I

En las grandes ciudades, el neón
Sustituye a las luciérnagas:
El hilo de su luz presagia relámpagos
De muerte y ecos de hormigas ciegas.
Sobre los puentes, ahoga el vértigo;
La conciencia no es de acero:
Acordeones moribundos caen sobre las sillas
Donde el sueño traza formas.

Todo es atroz cuando el ojo dibuja
Con su tiza de párpados, manteles
Con vientres, amantes acurrucados espiando la vida,
Senos donde, lava los pezones
Y la digestión borra espejos bostezantes.

En las pequeñas ciudades no hay palcos ni vitrinas,
Ni vallas eróticas, ni sardinas en platos desechables,
Ni gallinas rostisadas,
Ni reses a la plancha viajando
                  En gargantas de carbón,
Sino techos de ansia y ansias de ventanas
Donde los taburetes sorben alas
Y el mar es una gota explosiva del invierno.

Después de todo uno le teme a los meses:
Al mes, al día, a la hora,
A ese peldaño estrecho, helado,
A esa siesta interminable de la garganta,
Donde uno empuña el globo terráqueo,
Para no verse sonámbulo
En el picnic conspirativo de los malos tiempos.

Después de todo, la vida sigue suculenta.

Aunque debajo de los trenes, en los rieles sin abrigo,
Uno vaya sin traje cruzando la arena de los cirios.

Barataria, 21de febrero  de 2006.

I

Dans les grandes villes, le néon
Remplace les lucioles :
Le fil de leur lumière est présage d’éclairs
De mort et de l’écho de fourmis aveugles.
Sur les ponts, le vertige étouffe;
La conscience n'est pas d’acier:
Des accordéons moribonds tombent sur les chaises
Où le rêve trace formes et arabesques.

Tout est atroce quand l'œil dessine
Avec sa craie de paupières, des nappes
Ventrues, des amants blottis épiant la vie,
Des seins où on lave les mamelons
Et la digestion efface des miroirs bâillants.

Dans les petites villes il n'y a ni balcons ni vitrines,
Ni panneaux érotiques, ni sardines dans des plats jetables,
Ni grillades de poulet,
Ni bœuf sur le grill qui voyage
Dans des gorges de charbon,
Mais des plafonds anxieux et des soifs de fenêtres
Où les tabourets sirotent des ailes
Et la mer est une goutte explosive de l'hiver.

Après tout, nous craignons les mois :
Ce mois-ci, ce jour-ci, cette heure-ci,
Cette marche étroite, glacée,
Cette sieste interminable de la gorge,
Où l'on empoigne le globe terrestre,
Pour ne pas se voir somnambule
Dans le pique-nique conspirateur des temps difficiles.

Après tout, la vie demeure succulente.

Même si sous les trains, sur les rails sans abri,
Nous allons sans habit traversant le sable des cierges.

Barataria, 21de febrero  de 2006.

II

El calendario es un tren de sobrevivientes
Pasajeros, un juego de espejos
Donde la eternidad sólo es posible a través  de la memoria.

Cada día somos mitad de algo.

La tortura del destino abre sus llamas.

Zumba la aridez de las campanas
En un enjambre de ataúdes con avispas.
A veces es irrevocable el humo de los latidos,
A veces el adiós se confunde en la polvareda:
El miedo asalta en su delirio.

Todas las alas posibles tienen cerraduras.

Sombras se tienden sobre los pasos,
Sombras caminando en los ríos del aire
Con pasos de confusos escombros.
Sombras amaneciendo en el lenguaje
Y cubriendo el cristal de las certidumbres.

La hora parece que ha llegado al vacío.

Ojos cuelgan del doblado horizonte:
Formas, cuya lengua de principio a fin,
Caen en la fosa de braseros inefables.

¿Supe alguna vez del viajar de la ceniza?

La claridad oscura atiza las plumas de la muerte.

En la oscuridad se evapora
El fondo rojo del suspiro. Lo devora el aire
Y la hendidura revelada de la tierra:
Allá, en su fondo, se finge una eternidad diáfana,
Aunque sea la noche la que derrama su lluvia
Y el conjuro se convierta en espejo de insomnio.

Barataria, 22 de febrero de 2006.

II

Le calendrier est un train de survivants,
De passagers, un jeu de miroirs
Où l'éternité n’est possible qu’à travers
                                                La mémoire.

Chaque jour nous sommes la moitié de quelque chose.

La torture du destin ouvre ses flammes.

L’aridité des cloches bourdonne
Dans un essaim de cercueils remplis de guêpes.
Parfois la fumée des battements est irrévocable,
Parfois les adieux se mêlent à la poussière :
La peur t’assaille dans son délire.

Toutes les ailes du possible ont des verrous.

Des ombres s'étendent sur chaque pas,
Des ombres qui avancent sur les vagues de l'air
Des pas de décombres déroutés.
Des ombres germinent dans le langage
Et assombrissent le cristal des certitudes.

L'heure semble arrivée au bord du vide.

Des yeux pendent de l'horizon courbe :
Des formes, dont la langue va du début à la fin,
S’affalent dans la fosse aux ineffables bûchers.

Qu’ai-je déjà su du voyage de la cendre ?

L’obscure clarté attise les plumes de la mort.

Dans la noirceur s’estompe
Le fond pourpre des soupirs. L’air le dévore
Et la fissure révélée de la terre:
Là, tout au fond, se dessine une fausse éternité diaphane,
Même si c’est la nuit qui répand son ondée
Et le sort qui devient miroir d'insomnie. 

Barataria, 22 de febrero de 2006.

El poeta habla con la muerte

Y no es recuerdo de ellos lo que queda, sino ellos mismos.
CÉSAR VALLEJO

Luciérnaga de sangre coagulada. Viento helado
Bajo el suplicio de una luz sin caracoles.
Bosque de cipreses apagados. Bosque negro.
Negro silencio del polen multiforme.
Hoguera marchándose con un ruido de madera:
Vida hundida en el cuenco de moscardones,
Muerte punzando los rincones de la niebla.
El filo del tiempo corta el suspiro.
La paz íntima se pierde en un instante.
Desnuda queda la tela del barro y el labio reseco;
Sin ceño la frente del viento;
Sin música la rendija de los ojos;
Espeso el zumo de la memoria, intenso y pulsante.
Asombro negro. Negra gaviota del crepúsculo.
Te llevas la flor y el polen. Te llevas el seno, el rezo
Gavilán negro de trenes herrumbrosos.
Te ocultas en la lluvia y en la campánula,
Peregrina oscura, cubierta de palpitantes nubes.
Nadie sabe cuando vienes; y sin embargo, corroes,
Gusano de trenes trazados por el precipicio.
Nadie ve tus dedos ásperos, tirana del desprecio.
Nadie te ve venir con el ojo del bramido.
De repente estás ahí, pálida mortaja,
Coronando de borrasca el risco de la llama.
De repente estás ahí, en la paja y el alboroto
Con los trapos rígidos del ornamento
Como un reloj desvencijado después de la jornada.
Tu voz se hace patente en el llanto.
Te hartas en el minuto y la hora de las llenas:
Haces callar con la lengua muda de los candelabros
Esa voz ardiente de las alas…

Barataria, 09 de marzo de 2006


Le poète parle à la mort

Et ce n'est pas un souvenir d'eux qui reste,
mais eux-mêmes.
    CÉSAR VALLEJO

Luciole au sang coagulé. Vent glacial
Sous le supplice d'une lumière sans colimaçon.
Forêt de cyprès délavés. Forêt noire.
Noir silence du pollen protéiforme.
Bûcher fuyant dans un bruit de taillis :
Vie plongée dans le creuset des guêpes,
Mort aiguillonnant les recoins du brouillard.
Le fil du temps tranche les soupirs.
La paix intime s’évapore dans l’instant.
Nue est l’étoffe de l’argile, et la lèvre desséchée;
Sans pli, le front du vent;
Sans musique, la fente des yeux;
Épaisse, la sève de la mémoire, intense et rythmée.
Noir étonnement. Noir goéland du crépuscule.
Tu emportes fleur et pollen. Sein et prière,
Noir épervier de trains en ruine.
Tu te caches sous la pluie et la campanule,
Obscure pèlerine, couverte de nuages tremblotants.
Nul ne sait quand tu arrives; et pourtant, tu corrodes,
Vermisseau de trains tracés par l’abîme.
Personne ne voit tes âpres doigts, tyrannie du mépris.
Nul ne te voit approcher avec l’œil du mugissement.
Mais tu es déjà là, pâle linceul,
Couronnant d'une bourrasque la flamme abyssale.
Mais tu es déjà là, dans la paille et le désordre
Avec les roides chiffons de la parure
Telle une horloge détraquée à la fin du jour.
Ta voix s’érige dans le sanglot.
Tu te rassasies de la minute et de l'heure des crues :
Tu fais taire avec la langue muette des candélabres
Cette voix ardente des ailes …

Barataria, 09 de marzo de 2006

Cordero de la muerte

Has vuelto, sol oscureciendo, a triunfar
En la cuna y en la habitación madura.
Te ensañas en una vida de luz
Clavando tu  hacha en la entraña.
Haces gemir y respirar la ceniza. Truena
La duda y el dolor. Tirana amiga del tormento.
Oscuridad vierte tu boca,
Muerde el granizo de aliento; voraz es el fuego
Que consume en lágrima las ingles.
En ti, la carne atesora la tierra y la nada.
La aljaba del desvelo se hiela
Junto a esa vida de la muerte jamás despierta.
Tu porfía acaba con los ríos;
No hay esperanza que pueda rehacer
                                 El milagro de la vida.
El sueño en ti sólo mitiga la pena,
Para mientras trituras con tu mandíbula atroz,
El cuerpo y el alma y el hondo verde del color.
Siempre te soñamos, inédito enigma;
Pero nunca oímos el lacio cuerpo de tu voz,
El ámbito que bañas, el amarillo olvido,
El bautismo canicular de la ceniza
Y el descenso tuyo de implacables sandalias.
Sé que estás allí, descendiendo. Bajas hambrienta
Con un coro de cirios para llenar el odre de la fosa.
El aire entumecido muerte las ventanas;
Mientras el abrazo certero avasalla la respiración.
Y todo, en un instante, lo que era lozano jengibre,
Se vuelve trino de escombros…

Barataria, 09 de marzo de 2006.

Agneau de la mort

Tu es revenu triomphal, soleil crépusculaire,
Dans le berceau et la chambre des maîtres.
Tu t’acharnes dans une vie de lumière
Plongeant ta faucille dans les entrailles.
Tu fais gémir et respirer la cendre. Stridents
Sont le doute et l’affliction. Tyrannique compagne
                                                                 /du tourment.
Ta bouche déverse l’obscurité,
Elle mord la grêle du réconfort; vorace est le feu
Qui consume en larmes les replis de la peau.
En toi, la chair amasse terre et néant.
La fleur écarlate de l'insomnie se glace
Et, collée à cette vie funèbre, ne se réveille jamais.
Ton entêtement vient à bout des rivières;
Nulle espérance qui puisse recréer
Le miracle de la vie.
Le sommeil en toi ne fait que mitiger la peine,
Pendant que tu tritures de ta cruelle mâchoire,
Le corps et l'âme et le vert infini de la couleur.
À toi nous songeons, énigme inouïe;
Mais jamais nous n’entendons le corps fané de ta voix,
L'endroit où tu baignes, l'oubli fade et jauni,
Le baptême étouffant de la cendre,
Et ta descente d’implacable spartiate.
Je sais que tu es là, tu approches. Tu dévales affamée
Un chœur de cierges à la main pour remplir l'outre
                                                                    /de la fosse.
L’air engourdi déchire les fenêtres
Alors que l’inexorable étreinte accable le souffle.
Et tout ce qui, en cet instant, était gingembre vivace,
Devient trille de décombres…

Barataria, 09 de marzo de 2006.

Ceniza eres, ceniza de todos

Uno muere, pero nunca se muda de la tierra.
Viene. Se siente entre las manos, aquí
Está con su espada helada, porfiando
                         Sin cansarse,
Lo mismo que la fogata oscureciendo la leña.
Jamás has sido redentora de nada,
Ni eres ejemplo con la Pasión y Lágrima de Cristo;
Eres igual siempre, eres distinta;
De horror habitas el corazón;
Eres ese algo que vacía y murmura,
Fin de la conciencia, negra amante de los sueños.
Cuando estás, ya nada se padece.
Toda la vida fue para este fin de áspero pantano.
Todo el fuego para este desvelo
En que, al fin, mudas de semblante,
Pues estando en la sed, y el surco y el sembrado
Y la cosecha, lleno está el planeta
                             De tu sedienta llama.
Tú, ceniza, eres la ceniza de todos,
Esfera de la conciencia, esencia viva
De la cárcel cuyos barrotes esquiva el rostro.
Toda la vida,  llena ha estado de ti;
Sin ser eres ahora; no tienes gloria ni corona,
Ni gracia; y sin embargo, te adueñas de la tierra.

Ay, Dios, la muerte, la muerte, fin de uno…

Barataria, 10  de marzo de 2006.

Cendre tu es, cendre de tous

Nous mourons, mais nous ne quittons jamais la terre.
Elle arrive. Palpable dans mes paumes, 
Elle est ici, brandissant l’épée glaciale,
                                                         /opiniâtre
                 Infatigable,
Tel le feu qui lèche et noircit les bûches.
De rien, jamais, tu n’as été rédemptrice,
Ni modèle de la Passion et de la Larme du Christ;
Tu es la même et tu es différente;
Tu remplis d’horreur le cœur de l’homme;
Tu es ce quelque chose qui tarit et murmure,
Fin de la conscience, noire maîtresse des rêves,
Quand tu es là, nous ne souffrons plus de rien.
Toute une vie tendue vers ce limon ultime.
Tout ce feu pour cette âpre veille
Où, finalement, tu changes d’expression,
Car dans la soif, et le sillon et les semailles
Et la récolte, la planète est remplie
                             De ta flamme assoiffée.
Cendre, tu es notre cendre à tous,
Sphère de la conscience, essence vive
De la prison où le visage esquive les barreaux.
La vie toute entière est remplie de toi;
Sans être, tu es là, maintenant; tu as ni gloire ni couronne,
Ni grâce; et cependant, tu gouvernes la terre.

Oh mon Dieu, la mort, la mort, notre fin à tous …

Barataria, 10  de marzo de 2006.

Fruto de la tierra

¡Ya casi llegas al sosiego!
Blanca vas al cuenco de la noche.

¡Ya casi llegas al sosiego!
El frío se abre con el viento.

¡Ya casi llegas al sosiego!
El torrente del llanto es arroyo.

¡Ya casi llegas al sosiego!
Toda la vida al borde de la nada.

¡Ya casi llegas al sosiego!
El sueño es el vitral del arco iris.

¡Ya casi llegas al sosiego!
La luz se escapa de tus manos.

¡Ya casi llegas al sosiego!
El tren se acerca para tomar la lejanía.

¡Ya casi llegas al sosiego!
Las hojas del ventarrón se enredan
En las sienes…

¡Ya casi llegas al sosiego!
Son pocos los años para esa eternidad.

¡Ya casi llegas al sosiego!
La luz riñe con la sombra: anochecer
Medroso de ayer y hoy…

¡Ya casi llegas al sosiego!
Apagada la estrella de la sed.

¡Ya casi llegas al sosiego!
Hay silencio. ¡Calla!
La última luz llora conmigo.

¡Ya casi llegas al sosiego!
En mi alma hay un hondo silencio,
Eterno silencio: ocaso de la vida.
¡Ya casi llegas al sosiego!
La tierra te espera. Rosa el ataúd…
Campo severo del amor
Donde gime desnuda la memoria…

Barataria, 10  de marzo de 2006.

Fruit de la terre

Bientôt, tu t’apaiseras!
Blanche, tu marches dans le creux de la nuit.

Bientôt, tu t’apaiseras!
Le froid s’ouvre avec le vent.

Bientôt, tu t’apaiseras!
Le torrent de larmes n’est qu’un ruisseau.

Bientôt, tu t’apaiseras!
La vie entière au pied du néant.

Bientôt, tu t’apaiseras!
Le sommeil, vitrail de l'arc-en-ciel.

Bientôt, tu t’apaiseras!
La lumière s'échappe d’entre tes mains.

Bientôt, tu t’apaiseras!
Le train s'approche pour s’éloigner.

Bientôt, tu t’apaiseras!
Les feuilles des bourrasques s'entremêlent
Dans les tempes…

Bientôt, tu t’apaiseras!
Peu sont les années pour cette éternité.

Bientôt, tu t’apaiseras!
La lumière se heurte à l'ombre : tombée de la nuit
Effroi d'hier et d’aujourd'hui …

Bientôt, tu t’apaiseras!
Éteinte est l'étoile de la soif.

Bientôt, tu t’apaiseras!
Voici le silence. Tais-toi!
L’ultime lumière pleure avec moi.

Bientôt, tu t’apaiseras!
Dans mon âme il y a un profond silence,
Éternel silence : crépuscule de la vie.
Bientôt, tu t’apaiseras!
La terre t'attend. Vermeil est le cercueil …
Éprouvant champ de l'amour
Où la mémoire, nue, gémit …

Barataria, 10  de marzo de 2006.

Lamentaciones de mi madre

“Ríos de agua  salen de mis ojos
En vista del quebranto”…
El alma en la fosa; y las manos
                         Junto a la losa fría.
Inertes ya mis alas, la tentación del abismo.
El vientre se vuelve relicario de dolor.
Incierto es el amor en la intemperie.
Es la noche o el día creciendo en espejismos.
La vigilia del azogue  me impide la sonrisa.
Harapos el amanecer; puñal el calendario.
A menudo aparecen el delirio y la náusea
Y la guardiana opaca junto a mi cabeza.
Al margen ya de la luz,
La fiebre me conduce al desvarío de la sangre.
Mañana seré lámpara enterrada;
Molida estaré en la bruma solitaria
                                De la inmolación.
Ya no lograré levantarme. La tribulación mía
                Se ha vuelto diluvio maligno;
Este hilo roto, irrevocable de la vida,
Consume de golpe los cimientos.
Cuando miro alrededor, el tren de los latidos
Hace palpitar la tierra y resuenan las piedras:
Ella ha trastornado los senderos.
Si la desolación es una aljaba con saetas,
Esta muerte es más atroz que cualquier tortura.

Barataria, 11  de marzo de 2006.

Lamentations de ma mère

« Des fontaines d’eau jaillissent de mes yeux
Face à la débâcle » …
L'âme dans la fosse, et les mains
Contre la dalle froide.
Inertes sont mes ailes, tentation de l'abîme.
Le ventre, reliquaire de tourment.
Incertain est l'amour sous l’intempérie.
C'est la nuit ou bien le jour qui se gonfle de mirages.
La vue du parc me garde de sourire.
L'aube est haillons; le calendrier, un poignard.
Le délire et la nausée surgissent, pressants,
Et la gardienne, opaque, contre ma tête.
En marge de la lumière déjà,
La fièvre me conduit à la déraison du sang.
Demain je serai lampe sous terre;
Fourbue je serai dans la brume solitaire
De l'immolation.
Je n’arrive plus à me lever désormais. Mes tribulations
Sont devenues noir déluge;
Ce fil brisé, irrévocable de la vie,
Consume d’un seul coup les charpentes.
Lorsque je regarde autour, les battements de cœur 
Font palpiter la terre, et les pierres résonnent :
Elle a dérouté les sentiers.
Si la désolation est carquois de flèches,
Cette mort est plus atroce que toute autre torture.

Barataria, 11  de marzo de 2006.

Respiración final

¡Sólo queda en mi mano
la forma de su huida!
JUAN RAMÓN JIMÉNEZ

Las horas muerden la vida;
Paredes de miedo, ojos de naufragio,
Inundan la angosta calle,
Gemido visto en el ceño, desdeñosa
                                    Aprisiona la carne;
Huesos blandos mueren ciegos.
Al tiempo, el corazón se desnuda,
Fría sábana del día,
                   Mortal salud en la noche;
Engaño es vivir ya sin remedio,
Hondo agüero de torcida tumba,
Raíz muriendo, tierra gris de la jornada.
Al final sólo queda la forma de la talla,
Losas del abrojo en fotografías,
Manos de ceniza, vasija frágil, cierta,
Donde ya no crece la hierba,
Sólo el sentimiento, la sombra, el gemido.
Hoy, la herida se ensaña, pánico la entraña,
Resumida en entreabierta confidencia.
En este trasmundo derruido y ciego,
La queja es clara y la visión borrada;
Atroz la música y nada la sal de la historia
Desgastada en pañuelo de espejos
Que las pupilas trasiegan
                                  En grises abstracciones.

Barataria, 12  de marzo de 2006.

Respiration ultime

Il ne reste entre mes doigts
Que la forme de sa fuite!
JUAN RAMÓN JIMÉNEZ


Les heures mordent la vie;
Des murs de peur, des yeux de naufrage,
Inondent l’étroite ruelle,
Gémissements et traits chagrins; dédaigneuse
Elle emprisonne la chair;
Des os ramollis trépassent aveugles.
Avec le temps, le cœur se dénude,
Drap glacial durant le jour,
Santé létale durant la nuit;
Vivre sans remède est tromperie,
Noir présage de tombeau tordu, 
Racine mourante, terre grise du jour.
À la fin, il ne reste qu’une silhouette,
Dalles de chardons sur des photographies,
Mains de cendre, urne fragile, 
Où l'herbe ne repousse plus,
Seul le sentiment, l'ombre, la plainte.
Aujourd’hui, la blessure s’acharne, effroi des viscères,
Réduite aux confidences lézardées.
Dans cet outre-monde aveugle et dégradé,
La complainte est claire et la vision effacée;
Atroce est la musique et incertain le sel de l’histoire
Érodé dans une torsade miroitante
Que les pupilles décantent
En de ternes abstractions.

Barataria, 12  de marzo de 2006.

“Quien vive, muere”
(Glosa)


“Quien vive, muere”. Claro es el relámpago
                Que fenece.
Sombra la vida, duda el conocimiento,
Mano de la hoguera, la luz no germina;
El labio pende abatido del instante.
La verdad duele, sombra el oído sordo,
Deshecho en el cuerpo, ya no existe.
En su cuarto mueren los deseos. Mundo
                    Fugitivo de las sombras.
Corona de espinas es el sueño. Tarde
La flor del cuerpo,
                         Hoy, rumor y silencio
Bosque de emociones oscuras, donde
Irrumpe el follaje de la duda
Y la hojarasca tendida, cierta del camino.
El silencio abraza la angustia cuando mira
El rostro turbado y el reloj
Queda como la madera muda. Breve el farol
               De la vida, el cuerpo inoíble,
La frente sin los hijos gritando:
Jardín de larguísima zozobra calla.
Detrás de ella, el cielo de los hijos;
Otra tierra, ríos tiritantes de banderas,
Esperan la lluvia final: su propia llama fenecida,
Las sílabas rotas de lo que fue
                          Un muro de suspiros:
Pájaros distintos, pero muriendo en su aliento
Como los ojos de una mariposa en fuga…

Barataria, 13  de marzo de 2006.

« Celui qui vit, meurt »
(Glose)

« Celui qui vit, meurt. » Vif est l'éclair
Qui s’éteint.
La vie est une ombre, la connaissance un doute,
Main du bûcher, la lumière peine à s’élever;
La lèvre pend, béante, accrochée à l’instant.
La vérité fait mal, la sourde oreille n’est que pénombre,
Dissoute dans le corps, elle n'existe plus.
Du fond de leur alcôve les désirs cessent de vivre. Monde
Fugitif des ombres.
Le sommeil est une couronne d'épines. À midi,
La fleur du corps,
Aujourd'hui, rumeur et silence
Forêt d'émotions obscures, où
S’immisce le feuillage du doute
Et les feuilles mortes gisantes, sûres de leur voie.
Le silence étreint l'angoisse et observe
Le visage troublé, et l'horloge
Reste muette telle la boiserie silencieuse. Brève est
                                                                    /la lanterne
De la vie, le corps inaudible,
La tête sans le charivari des enfants:
Il se tait le jardin de ce si long naufrage.
Derrière elle, la voûte céleste des enfants;
Une terre nouvelle, des rivières aux drapeaux frémissants,
Attendent l’ultime ondée : leur propre flamme éteinte,
Les syllabes brisées de ce qui a été
Un mur de soupirs :
Des oiseaux différents, moribonds au bout de leur souffle
Comme les yeux d'un papillon en fuite…

Barataria, 13  de marzo de 2006.

El autor:

André Cruchaga nació en Chalatenango, El Salvador, 1957. Tiene una licenciatura en Ciencias de la Educación. Además de profesor de humanidades, ha desempeñado la función de docente en Educación Básica y Superior. Parte de su obra poética ha sido traducida al francés por Jean Dif, Danièlle Trottier y Valèrie St-Germain. Estas últimas, el libro antológico: El fuego atrás de la ventana (Le feu derrière la fenêtre) y  Viajar de la ceniza. La poeta María Eugenia Lizeaga, por su parte,  ha traducido el libro Oscuridad sin fecha al Idioma vasco (Euskera); y poemas sueltos, al holandés por Michel Krott. Jurado de Poesía de la XVI Bienal Literaria "José Antonio Ramos Sucre", Venezuela, junio de 2007. Buena parte de su obra se encuentra publicada en diferentes revistas electrónicas de Argentina, Chile, España, Grecia, Estados Unidos, Colombia, México, Perú, Italia, Holanda. Ha obtenido premios y menciones nacionales e internacionales.